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"La richesse créée dans un pays dépend d'une certaine quantité et d'une certaine qualité de travail. La qualité de travail correspond à la productivité horaire. Dans les pays
développés, cette productivité est élevée, puisqu'une heure de travail produit environ 40$ de richesse. La quantité de travail comprend, d'une part, le nombre de personnes qui travaillent,
d'autre part, le nombre d'heures que chacun réalise au cours d'une année. Le taux d'emploi mesure le nombre de personnes ayant un emploi à temps partiel, qui font baisser la moyenne. C'est bien
la productivité horaire, le nombre de travailleurs et le nombre d'heures travaillées qui déterminent la richesse créée dans un pays. Si 10 personnes travaillent 1700 heures et ont une
productivité horaire de 40$, alors le PIB sera de 10.140.40 (.= multiplié par), soit 680 000$. Les données de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) sur 28
grands pays développés permettent de regarder comment ces trois facteurs contribuent au PIB de chaque Etat. Le taux d'emploi et de productivité horaire sont les vrais facteurs de chaque pays, en
revanche, le nombre d'heures travaillées n'est pas un facteur de richesse, au contraire. On constate que les pays où l'on travaille le plus se classent aux dernières places en termes de richesse
par habitant. Et dans les pays où l'on gagne le plus, on a tendance à moins travailler. Ces résultats nous invitent à penser que la France sera plus riche si elle améliore son taux d'emploi et de
productivité et non travailler plus, qui ne mérite pas l'importance qui lui a été donnée.
Prenons un exemple : 34% des emplois néerlandais sont à temps partiels contre 12% en Italie (14% en France). Un néerlandais travaille en moyenne 1338 heures et un italien 1828. Cette stratégie permet aux Pays-Bas d'avoir un taux d'emploi des plus forts dans les pays développés 73% contre 56% en Italie. Donc les Pays-Bas bénéficient d'un PIB par hab. nettement supérieur à celui de l'Italie.
Le slogan "Travailler plus pour gagner plus" semble, en conclusion, inadapté à notre situation : le bon diagnostic serait plutôt de "travailler tous et mieux pour gagner plus". Les données de l'OCDE montrent en outre qu'il existe un lien négatif entre la durée individuelle du travail et le nombre de personnes qui travaillent. Plus la quantité de travail se concentre sur certains, moins d'individus ont un emploi. On peut donc craindre que le principe de M. le Président de la République produise surtout de nouveaux exclus du marché du travail."
Brieux Bougnoux, économiste
Tiré du Monde du mardi 5 juin 2007.
Tiré du Monde du mardi 5 juin 2007.
Par Jeunes Démocrates
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Publié dans : Réformes
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Jeudi 21 juin 2007
4
21
/06
/2007
10:22
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